Le désir féminin, un sujet tabou et mis de côté durant de nombreuses années, peu étudié, il recèle encore aujourd’hui de nombreux secrets.
Et pour ce qui est du désir masculin ? Il a été vu et revu, c’est un sujet souvent évoqué et dont on connaît toutes les spécificités non ? Et pourtant n’est-il pas plus complexe que cela et reste-t-il encore des zones à explorer ?
Dans ses documentaires Désir : ce que veulent les hommes, Maïa Mazaurette étudie et déconstruit les idées reçues à propos du désir féminin et masculin.
Dans un premier temps, elle réalise une expérience inédite en France, faire une analyse du désir féminin grâce à un IRM et à la projection d’images érotiques censées susciter une réaction chez elle. Pour cela, elle va voir Guillaume Sescousse chercheur INSERM au CRNL qui va analyser grâce à la machine son activité cérébrale et qui va regarder les régions du cerveau qui sont activées lorsqu’elle ressent un désir et dans ce cas un désir provoqué par des photographies d’hommes dénudés en mode les dieux du stade. Ce genre d’expériences bien que déjà réalisées avec des cerveaux d’hommes est inédit avec des cerveaux de femmes en France.
L’activité cérébrale pourrait-elle être identique ?
Si l’on en croit les stéréotypes concernant le désir et surtout ceux construisant une différence entre le désir masculin et féminin, on peut penser que non, les femmes et les hommes sont « naturellement différents ». Les femmes « attachent plus d'importance aux sentiments », « elles sont moins visuelles que les hommes », « les hommes sont aussi chauds qu’un barbecue » …
Pourtant, à la grande surprise générale, il s'est révélé que l’activité cérébrale de Maïa face à cette expérience est identique à celle des cerveaux d’hommes. Donc, finalement les différences qu’on pense pourraient n’être liées que par un manque de connaissances ?
Dès lors, Aurore Malet-Karas docteure en neuroscience et sexologue nous explique les différentes avancées scientifiques qui nous ont permis d’en apprendre davantage sur le désir féminin avec tout d’abord (même s'il est très décrié) Freud avec ses avancées sur la libido et l’étude de la sexualité féminine à travers la psychanalyse. Suivi d’une deuxième vague, beaucoup plus scientifique et médicale aux USA avec les travaux de William Masters et Virginia Johnson qui sont deux médecins qui vont mesurer la réponse sexuelle lors d’un rapport sexuel chez l’homme et chez la femme. Depuis et ce pendant 40 ans cette étude restera l’unique référence scientifique sur l’anatomie et le désir féminin et deviendra pionnière en matière de sexologie en apportant la première réponse sur l’origine de l’excitation sexuelle de la femme même si encore aujourd’hui cela reste mystérieux.
Ainsi, on peut voir qu’il reste encore tout un champ inexploré de la sexualité féminine à découvrir. Mais, pour en revenir aux stéréotypes de genres, il y en a un qui dit que les femmes sont « moins visuelles que les hommes » , est-ce vrai ? L’ensemble de la gente féminine est-elle myope et a besoin d’un abonnement mensuel à Afflelou ?
Pour le découvrir, elle rend visite à Adrien Cavagna (le Emily Ratajkowski masculin) qui est un créateur de vidéos avec plus de 2,2 millions d’abonnés sur TikTok, dont 83 % de femmes allant de 17 à 70 ans. Dans son contenu, que ce soit sur TikTok ou Instagram, il propose des photos et des vidéos (parfois misent en scènes) « sensuelles ». Alors, Maïa l’interroge sur l’aspect visuel « du désir féminin » et sur les commentaires qui reviennent fréquemment en dessous de ses vidéos. De plus, elle montre en parallèle aux femmes (de tout âge et majeures) avec qui elle échange dans le documentaire les photos d’Adrien et elle leurs demande leurs avis face à cet homme jugé comme « séduisant » selon « certains critères occidentaux ».
Alors, deux choses intéressantes ressortent, tout d’abord, les avis sont partagés et ne font pas consensus, car ils dépendent des différents critères propres à chacune sur ce qu’est pour elles « un homme » « désirable ». Certaines le trouvent trop musclé, d'autres au contraire ça les attire, certaines aiment bien son côté « dieu nordique », d’autres pas du tout. Et puis surtout une autre zone insoupçonnée est jugée comme attirante c’est ses « omoplates »(son dos), en plus de son côté « viking », et de ses « fesses ».D’ailleurs, il explique que même si l’intérêt des hommes pour la zone dite des « fesses » est très pris en compte, certains oublis que du côté féminin ce même intérêt pouvait se manifester et que donc à part les bibi, les pecs… Le booty aussi a son mot à dire.
Cet entretien avec Adrien fait ressortir le fait que même si les critères « d'attirances » varient d’une personne à une autre et que le physique ne fait pas tout et n’a pas la même importance pour toutes les femmes, les femmes ne sont pas moins visuelles que les hommes, surtout que certaines « mises en scène » proposées par Adrien jouent sur l’attirance.
Les femmes sont visuelles, c’est une chose, mais que regardent t’elles en premier chez quelqu’un qui leur plaît ? C'est la question que va poser Maïa et les réponses sont aussi variées que les femmes interrogées.
Les réponses qui ressortent suite à cette question sont « les fesses » (si elle trouve le visage attirant), « les fesses », « les fesses, mais après pas en premier », « les mains, pour voir s'il est marié », « les mains pour voir si la personne est ‘’soignée’’ et que ses mains soient bien entretenu », « les mains pour la ‘’gestuelle’’ », « le dos (qui représente une certaine « chaleur par une carrure ») », « les cuisses », « les silhouettes de personnes sportifs », « tout, les seins, les fesses, en dessous de la ceinture [homme et femme] … ».
Dans le deuxième volet de son documentaire, Maïa s’interroge cette fois-ci sur le désir masculin qui n’échappe pas non plus à son lot de préjugés.
Parce que finalement, est-ce qu’on n'aurait pas simplifié et sous-estimé les nuances et les différentes facettes du désir masculin ?
Et le désir féminin et le désir masculin sont-ils si différents?
Au sein du documentaire, une question similaire est posée.
Qu’est-ce que vous regardez en premier chez quelqu’un qui vous plaît ?
Les réponses récoltées sont « ses mains, j’adore les mains il y a un truc… chez pas j’adore les mains », « je vais beaucoup regarder le visage, c’est le point le plus important en fait, notamment une question de désir justement » ,« je sais pas les nuques vraiment », « les fesses, en premier c’est clairement les fesses et puis ensuite c’est les yeux , la bouche, les pieds, les mains, les seins », « moi il y a des belles fesses je regarde des belles fesses, il y a une jolie personne homme ou femme je regarde et je matte tout le monde et il y a pas de soucis la dessus il y a un cul je matte le cul pourquoi sans priver aussi je me dis bon quand c’est respectueux hop un ptit coup d’œil hop c’est bon », « personnellement je suis plus team fesse que team seins » ,« les seins », « seins » « les seins et les fesses, » « team fesses »
Déjà, on peut noter des ressemblances et surtout le fait qu’il ne faut pas oublier le potentiel des mains !
Sinon, le visuel c’est une chose, mais est-ce que c’est la seule chose qui rentre en jeu ?
« Je me retourne sur les odeurs moi, si je vois une fille qui sent bon, je vais me retourner » , « un parfum peut faire chavirer, c’est comme un visuel très fort ». L’odorat, un sens parfois oublié mais qui a son importance , ainsi, un parfum ou une odeur spécifique et envoûtante peut faire pencher la balance.
Une toute nouvelle étude vient d’être lancée en France et elle analyse comment nos odeurs sont ressentis par les autres et par conséquent qu’elle place occupe l’odorat dans nos rencontres amoureuses. Maïa part donc en direction du CRNL de Lyon et demande à Camille Ferdenzi-Lemaitre , une chercheuse, s'il peut y avoir un coup de foudre olfactif ? Elle répond que oui et que par ailleurs, c’est déjà arrivé à une femme d’avoir eu un coup de foudre pour une odeur contenu dans une fiole en verre. On explique que l’alchimie qu’on va avoir avec l’odeur corporelle d’une personne est très importante. Ainsi, le désir ne se joue pas que sur le physique, c’est une combinaison subtile. Cette combinaison peut contenir de la lingerie (féminine ou masculine),des accessoires (pour hommes ou pour femmes), et tant d’autres choses, mais, finalement le plus important ne serait-il pas de se laisser aller et de libérer la sexualité des stéréotypes de genres et des différentes pressions qui l’empêchent de s’épanouir pleinement?
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